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Annie Ernaux remporte le prix Formentor 2019

L’écrivaine Annie Ernaux (Lillebonne, 1940) a reçu, le vendredi 21 septembre dernier, le Prix Formentor 2019, d’une dotation de 50 000 euros. 

Créé en 1960 par Carlos Barral, dans le but de promouvoir la littérature espagnole alors très peu diffusée, ce prix international assure aux lauréats une traduction et une publication simultanées de leur ouvrage dans une dizaine de langues.

Des auteurs tels que Samuel Beckett, Jorge Luis Borges ou encore Nathalie Sarraute, ont été récompensés. Cette année, les délibérations ont eu lieu au mois d’avril à Rome et le prix remis, comme historiquement, dans les jardins de l’hôtel Formentor, un hôtel mythique à Majorque.

C’était lors de la première journée des « Conversations Littéraires de Formentor », qui se déroulent jusqu’à dimanche sous la devise « Monstres, Bêtes et Extraterrestres ».

Une quarantaine d’écrivains, d’éditeurs et de critiques littéraires ont participé à cet événement. L’obtention de ce prix augmentera certainement le nombre de lecteurs hispanophones d’Annie Ernaux, traduite en espagnol par Cabaret Voltaire et en catalan par Angle Editorial.

La française se caractérise par une narration autobiographique et intime. « La mémoire est mon instrument d’écriture, je récupère dans le passé le matériel de mes livres », a déclaré Ernaux.

Selon elle, « le présent n’a pas de forme, c’est une ligne de démarcation entre le passé et le futur, je n’écrirais jamais une dystopie » (récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre). 

Dans ses romans, passés au filtre d’autres genres tels que l’essai, certains textes émanent directement des images. Dans L’usage de la photo, ce sont des photographies de scènes prises après des rapports sexuels qui démarrent le récit.

La photo fixe un état de la personne, de son temps ; c’est à la fois un signe du passé et un lien avec le futur.  « La photographie me plonge dans un état surnaturel », a-t-elle déclaré. « L’autobiographie me permet de raconter le temps que j’ai vécu ».

annie ernaux
Les romans d’Annie Ernaux

Une autre caractéristique de ses écrits est la tension qu’elle crée entre la langue littéraire, savante et académique et la langue orale de ses parents, petits commerçants.

« J’ai choisi la position du langage qui convenait le mieux à ma situation de transfuge, j’écris à cause de la déchirure que cette affection m’a causée », affirme-t-elle.

« A partir du moment où j’ai décidé d’être écrivain, à 20 ans, c’est devenu une nécessité, je ne conçois pas la vie sans écrire, mais ce n’est pas un cadeau », a confié l’auteur de La Honte.

 Ce texte est à l’origine d’une controverse éternelle, en raison de sa nature, cataloguée comme obscène, et, dans une large mesure, très éloignée de l’establishment littéraire.

D ‘ailleurs, Annie Ernaux vit à environ 50 kilomètres de Paris et n’est pas reconnue dans les cercles littéraires et exclusifs de la capitale française. 

Des livres tels que La Femme glacée évoquent la condescendance, comme s’il s’agissait d’une simple affaire de femmes. Le récit évoque l’avortement clandestin et son résultat : un silence insupportable.

Le roman a suscité une grande polémique : « le mouvement féministe m’a montrée du doigt,  les hommes me qualifiaient de provocatrice, alors que je n’analysais que ce qui m’était arrivé », explique Annie Ernaux,

« Il y a 40 ans, je ne parlais pas d’écriture féminine, ni de littérature écrite par des femmes ». Quand est apparu le mouvement #MeToo, contre le harcèlement des femmes, « c’était une joie, je pensais que je mourrais sans connaître la fin de la domination masculine, quelque chose me disait que la route commençait à être toute tracée ».

Dans ses livres, il résulte de ce point de vue une véritable tension dans les relations sexuelles entre hommes et femmes. «Cette tension provient de l’inégalité. Si les femmes ne sont pas violentes, c’est parce qu’elles sont trop soumises, la consolidation de l’égalité implique une grande transformation de la société » conclue Annie Ernaux.

Article traduit de https://www.ultimahora.es/noticias/cultura/2019/09/21/1107937/annie-ernaux-pensaba-moriria-ver-fin-dominacion-masculina.html

 
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Bénédicte Lefeuvre

Quand en mai 2014, mon compagnon et moi-même posons, pour la première fois, nos valises à Majorque, c’est le coup de foudre absolu. « L’Île au calme » nous a totalement envoutés : sa douceur de vivre, ses paysages à couper le souffle, son ambiance unique … La devise, « la vie est plus douce au soleil » a alors trouvé tout sons sens, et j’ai eu envie de la partager. Titulaire d’une maîtrise de Lettres Modernes et d’un Master en Stratégie de la Formation, j’ai eu la chance d’encadrer et d’accompagner des jeunes en alternance. Ensuite, après une dizaine d’années passées à organiser et gérer des réceptions privées ou professionnelles, des mariages ou encore de l’évènementiel dans ma belle région Bretagne, j’ai eu envie de faire un pari fou : faire partager ce coup de cœur en mettant mon savoir-faire au service des touristes français à Majorque et j’ai créé La Conciergerie de Palma. Dans cette même vision de partage, écrire pour la Piaf s’est présentée comme une évidence.

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