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Entrevue exclusive de la Piaf avec Cosme Bonet, vice-président du Conseil insulaire de Majorque.

Cette semaine nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer Mr Cosme Bonet, à la fois vice-président du « consell insular de Mallorca » et « conseller de Hacienda y turismo » et ainsi d’évoquer avec lui la place du tourisme francophone à Majorque.

Qu’est-ce que le Conseil Insulaire et quelles sont ses compétences ?

Il existe 3 conseils insulaires, Majorque, Minorque et Ibiza-Formentera. Ce sont des institutions qui ont été rétablies récemment, car elles ont été créées au Moyen âge peu après la conquête de l’archipel Baléares par la couronne d’Aragon. Elles disparurent au XVIIIº siècle pour être rétablies en 1978, avec le retour de la démocratie.

C’est à l’île de Minorque, qui voulait éviter la concentration de pouvoir à Majorque, que les 3 conseils doivent leur renaissance. Ce système se voit chaperonner par un conseil général interinsulaire, organe de coordination entre les conseils, le « Govern de las Islas Baleares ».

En 2007, la réforme du Statut d’autonomie octroie aux conseils de nouvelles compétences et la capacité d’élaborer des règlements. Les membres des conseils insulaires sont élus séparément de ceux du parlement autonome.

Cosme Bonet nous explique que depuis Avril 2018, la compétence touristique de l’île appartient au Conseil de Mallorca et non plus au gouvernement autonome.

Effectivement, chaque île a sa particularité touristique de par sa géographie, sa culture propre, ses infrastructures plus ou moins développées et la nationalité des touristes qu’elles accueillent. Les Italiens préfèrent Formentera et les français connaissent mieux Ibiza !

Majorque a donc sa propre politique touristique indépendamment de ses petites sœurs, Minorque, Ibiza et Formentera mais comme le rappelle Cosme Bonet, toujours en collaboration et adéquation avec elles.

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Objectifs et priorités du Conseil Insulaire de Majorque concernant le tourisme

S’il y a bien une priorité souligne Cosme Bonet, c’est avant tout de restaurer l’image de Majorque, souvent altérée dans les médias par le comportement incivique de certains touristes. S’ils ne sont pas la majorité, ils laissent malheureusement une empreinte négative, alors qu’un tourisme de qualité est réellement en train de se développer grâce à la volonté et au travail du Conseil Insulaire de Majorque.

Une grande majorité des hôtels a fait un véritable effort pour rénover leurs structures et offrir de meilleures prestations pour un tourisme plus exigeant, surtout que dernièrement, le tourisme « low cost » a tendance à retourner vers des destinations qui avaient été abandonnées, comme la Turquie ou le Maghreb.

Favoriser un tourisme familial est également une des priorités du Conseil Insulaire. Leurs besoins et attentes s’articulent autour d’activités ludiques, sportives et culturelles et leur présence calment souvent les touristes de même nationalité venus, eux, rechercher la fête effrénée ! C’est en tout cas, nous dit Cosme Bonet, le retour qu’il a eu auprès des hôteliers, plutôt satisfaits du changement en cours !

Développer le tourisme gastronomique en organisant des évènements mettant en valeur la richesse des produits locaux et des Chefs offrant une cuisine variée et moderne répondant à l’attente des visiteurs, dont les français en majorité !

Développer le tourisme sportif en profitant de la diversité géographique de Majorque, l’escalade et la randonnée dans la Serra de Tramuntana, les activités nautiques autour du littoral sans oublier la plaine centrale où le cyclotourisme se pratique de plus en plus.

Et enfin, ne pas résumer Majorque à son été resplendissant, un peu mis en cause cette année il va sans dire, en multipliant les offres durant l’hiver, dont la douceur est un atout non négligeable.

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La place du tourisme français à Majorque

Cosme Bonet reconnait que les cultures française et majorquine se sont souvent entremêlées tout au long de l’Histoire et que la visite de nos compatriotes à Majorque a toujours été appréciée bien qu’elle ait diminuée en comparaison à celle des allemands et britanniques.

Comme le lui a rappelé Michel Magnier, notre consul honoraire, le nombre de touristes francophones attendu sur l´archipel cette année 2018 tournera selon les prévisions autour de 800.000 dont plus de 650.000 de France. Entre 2016 et 2017, le nombre de nos compatriotes ayant visité les Baléares a augmenté de plus de 25 %.

Cosme Bonet nous assure qu’il a bien réalisé le potentiel du marché francophone et, suite à la demande conjointe du consul et de la piaf, est tout à fait disposé à prendre en compte les attentes des francophones.

Un de nos objectifs était de lui demander la traduction en français de la page web, www.infomallorca.net . Il a été accordé un appel d’offre sur le site http://contrataciondelestado.es  pour mettre en marche cette future traduction.

De notre côté, nous avons également mis en ligne sur notre page facebook un sondage pour connaitre les zones préférées des français pour séjourner à Majorque comme désirait le savoir Cosme Bonet. N’hésitez pas à y participer !

 

Le conseil insulaire de Majorque pourra compter cette année sur une subvention de 3,4 millions d’euros pour promouvoir le tourisme de l’île sur les marchés internationaux. Actuellement les marchés américain, canadien (Québec en tête !) et scandinave semblent avoir la priorité mais, fort de cet échange très positif avec le conseiller de tourisme de Majorque, nous continuerons au sein de la Piaf et en collaboration étroite avec Michel Magnier qui, souvent nous a montré le chemin, à agir pour que ces 800.000 touristes francophones  repartent de notre petit paradis en ayant fait le plein de merveilleux souvenirs !

 

Crédits : economiademallorca.com, diariodemallorca.com, hotelruralmonnaber.com, barcelo.com

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Laurence Griffon

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano et plus récemment travaillé avec le cabinet MG PEP’S, spécialiste en hygiène alimentaire . Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.

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