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Présence française à Majorque

Article de Román Piña Homs

Voici une semaine à peine, ma mémoire ne renfermait qu’un seul Lawrence, Lawrence d’Arabie, archéologue et militaire britannique, héros de la Première Guerre Mondiale au Moyen-Orient. Mais maintenant, en ne changeant qu’une lettre seulement, j’obtiens Laurence Griffon, jeune, sympathique et perspicace rédactrice pour la Piaf, Française résidant à Majorque.

J’ai connu Laurence par le biais d’un ancien élève, actuel Consul de France sur l’île, Michel Magnier, qui entre autres choses, organise chaque mois un repas à l’École d’Hôtellerie du Campus de l’Universitat de les Illes Balears, réunissant une centaine de personnes parmi les plus illustres entrepreneurs français qui opèrent parmi nous.

J’ai déjà assisté à plusieurs de ces rencontres. Ces gens, outre une exquise éducation et sans doute de ce fait, parlent espagnol et d’autres langues également. Il y a plusieurs mois de cela, je leur ai présenté mon dernier livre et je leur ai parlé des liens historiques entre Majorque et la France, qui vont bien au-delà du camp de prisonniers de Cabrera.

Leur curiosité et l’acuité de leurs questions ont rendu cette expérience formidable. De nouveau, mardi dernier, ils ont pu compter sur la présence de l’économiste Antoni Riera, et l’intérêt qu’a suscité chez eux le prestigieux universitaire avec sa séduisante analyse de l’économie des Baléares, a été tout à fait surprenant.

Ces rencontres mettent en évidence quelque chose de fondamental : la transversalité de notre société insulaire. En outre, on  parle aujourd’hui beaucoup des Anglais et des Allemands présents sur l’île, et très peu de l’accompagnement français qui, sans être massif, offre des caractéristiques très appréciables, de par la catégorie de ses gens et de leur culture, très liée aux Baléares.

Notre premier roi propre, Jacques II, et notre Majorquin le plus universel, Ramón Llull, étaient, dans une large mesure, des enfants des Lumières de Paris et Montpellier. Mieux encore, pendant une bonne partie du siècle dernier, le français était notre deuxième langue et la grande référence de notre monde intellectuel et artistique.

Ajoutons à ça, cela va sans dire, l’influence occitane sur la conquête de Majorque et l’humour et la mode française qui ont monopolisé l’intérêt de nos élites durant des centaines de siècle, beaucoup plus impressionnants que la saveur, pourtant non négligeable, de nos oranges de Sóller à Marseille.

Il y a quelques semaines, on annonçait la pose de la première pierre du Lycée français, un nouveau cadre pour cette école multilingue de Palma. Grand bien nous fasse. Ses élèves apprendront le majorquin et obtiendront sans doute de meilleures notes en espagnol à l’examen d’entrée à l’université que beaucoup d’autres issus de notre Majorque préhistorique, objet de musée, aujourd’hui devenue le guide de nos leaders progressistes.

 

Crédit photo : Gaceta náutica

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Audrey Delsaux

Titulaire d'une maîtrise LLCE Espagnol et d'un master Métiers de la Traduction à l'Université de Provence, j'ai toujours été passionnée de langues et de littérature. La profession de traductrice-relectrice m'est donc vite apparue comme une évidence et s'est concrétisée avec la création de mon agence, Mots Ensemble. J'aime le défi qui se cache derrière chaque traduction, cette recherche du terme parfait, du style consacré, cette danse entre anglais, espagnol et français, mes langues de travail... J'ai quitté ma Marseille natale pour rejoindre Majorque par amour, il y a onze ans déjà. Comme la plupart de ses visiteurs, j'ai immédiatement été conquise par cette île aux paysages aussi contrastés que magnifiques, sa culture, ses traditions, ses gens… L'endroit idéal pour poser ses bagages et commencer une nouvelle vie…

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