
Moins connues que le tumbet et autres plats typiques, elles sont présentes dans tous les foyers majorquins : cuisinées de l’hiver au printemps, elles permettent d’ajouter tout ce qui est récolté dans le potager à cette époque de l’année.
Et si l’on tient compte que chaque famille a sa propre recette, on comprendra qu’il existe une grande variété de soupes majorquines.

Déjà au XIIIº siècle, Ramon Llull mentionne ce plat traditionnel dans un de ses textes, bien que la recette actuelle n’ait été définie qu’au XVIIIº siècle. Un plat d’origine modeste devenu avec le temps une référence de la cuisine locale que l’on déguste dans tous les restaurants de cuisine traditionnelle comme les Cellers par exemple.

On les appelle aussi sopas secas, soupes sèches, car une fois les légumes cuits dans le bouillon on dépose de fines tranches de pain spécial, pan de sopas, qui absorbent le bouillon de légumes et donnent une onctuosité particulière à la soupe.
C’est normalement un plat végétarien mais on peut y ajouter de la viande de porc comme du lard, elles deviennent alors sopas de matanza.
L’ingrédient qui ne peut manquer est le pimentón dulce, un paprika souvent utilisé dans la cuisine majorquine qui lui donne sa touche si caractéristique.

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.