Guide Expat 

Un expat à Majorque: Jean-Pierre, le luthier rebelle

Un besoin d'immersion totale

 Depuis combien de temps résidez-vous sur l’île ?

Je vis depuis vingt ans à Majorque.

Avez-vous une activité professionnelle à Majorque ?

Luthier des instruments à archet depuis 1984, j’ai exercé tant bien que mal mon activité à Palma, malgré les foudres des deux familles qui se disputent le marché instrumental aux Baléares. Maquilleur de formation depuis 1994 à Paris, je travaille comme chef maquilleur pour les productions d’opéras du « Teatre Principal » de Palma, pour lesquelles j’ai dû former chaque année, et ce, depuis sept ans, une équipe différente, ainsi que mon ancienne associée , qui est maintenant, seule responsable de cette belle idée initiale, avec laquelle je continue de collaborer.

 Pourquoi Majorque ?

Le désir de changement, et l’encouragement des musiciens de l’île, m’ont alors décidé à faire le pas, et à m’installer à Mallorca.

Comment s’est passée votre intégration ?

J’ai choisi, pour une intégration efficace, l’immersion linguistique totale. Je parle donc le Catalan depuis vingt ans et je pratique le pa’mb òli et non pas le « pan amb oli  » !

Qu’est-ce qui vous manque de la France ou autre pays d’origine ?

L’absence cruelle de la baguette « tradition » et des fromages qui pourraient l’accompagner…

Que regrettez-vous le moins de votre pays d’origine ?

Je ne regrette pas Le chauvinisme et l’esprit franchouillard de mes compatriotes, qui ne manquent pas de me le rappeler, en critiquant les différences et toutes ces choses qui font notre vie plus douce ici.

Le plus de Majorque pour vous ?

Le mélange des différentes générations sur les places de villages, m’a toujours plu, l’omniprésence de la mer, et le bout du monde à une heure de route.

Le moins ?

La croissance exponentielle et les choix politiques sur ce bout de terre limité, m’inquiètent et me posent des questions sur le futur et la qualité de vie à venir…

Votre coup de cœur à Majorque ?

Les lumières d’automnes et de demi-saisons m’ont, et me ravissent encore .

Pa’mb òli ou Arròs brut ?

Si le pa’mb òli et l’arròs brut sont les fers de lance de la gastronomie Baléares, n’oublions pas l’énorme variété culinaire existante ici . Entre pa’mb òli et arròs brut, je resterai sur le second.

Votre endroit préféré pour prendre un verre avec les amis ?

Pour un verre entre amis, ça se passera aux bistrots d’Esporles ou chez moi après une randonnée.

Palma ou Campagne ?

La campagne est,sans aucun doute, mon alliée.

Un mot ou deux pour définir Majorque

Mallorca est verte entourée de bleu.

Un mot ou deux pour définir la PIAF

Une équipe !

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Laurence Griffon

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano et plus récemment travaillé avec le cabinet MG PEP’S, spécialiste en hygiène alimentaire . Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.

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