Villes et villages

Soller, un héritage de France à Majorque.

À l’ombre de la Tramontana, Le port de Soller reste un bijou oublié du reste de l’île de Majorque. C’est une rencontre avec des joyaux méconnus de l’Art Nouveau qui attendent les visiteurs à Soller. L’histoire nous ramène à une époque où la plupart des villageois travaillaient dans les vergers d’agrumes.

A la fin du 19ème siècle, la France importait les fruits de Majorque pour répondre à une forte demande. Mais en 1865 un parasite s’attaque aux arbres fruitiers et ruine le commerce.

À ce moment là il n’est pas aisé de se déplacer sur l’île de Majorque, les Mallorquins de la vallée de Soller se retrouvent subitement démunis, et se tournent vers la France, alors facile d’accès par la mer. Bien des années plus tard, la majorité de ces migrants ou leurs descendants, sont revenus vers leurs terres ancestrales après avoir fait fortune en France.

Ces « Solleris » revenus d’exil décident de désenclaver leur village après y avoir construit leurs maisons et font construire le tramway, qui existe encore et relie le port au centre-ville.

Modernisé depuis, sa structure est restée d’époque, le tramway est aujourd’hui utilisé par les habitants, et par les nombreux touristes français qui visitent la région. L’art nouveau, fait de lignes sinueuses, de courbes et de formes organiques se répand en Europe entre 1890 et 1910.

En Espagne on l’appelle modernisme, et le train de Soller l’incarne parfaitement sous l’impulsion de ces nouveaux riches revenus au pays.

Le renouveau de Soller au début du 20ème siècle ne s’arrête pas au tramway, la grand-place se refait une beauté, les façades de l’église et de la banque qui la jouxte, sont remaniées par Juan Rubio, un disciple de Gaudi, qui réinterprète cette avant-garde architecturale au moyen de ressources locales.

La pierre grise (ou bleue) et le fer forgé se retrouvent dans toutes les constructions, notamment les hôtels particuliers décorés de dentelles de pierre.

Dans cette ville encore médiévale, c’est un choc esthétique pour les anciens restés à Soller, les critiques fusent à l’époque, on reproche le style « nouveau riche » mais ce dernier s’impose finalement dans toute la ville, il est aujourd’hui un superbe témoignage de l’échange culturel fait par ces migrants d’une autre époque.

Plus d’un siècle plus tard, cette histoire franco-mallorquine reste vivace dans le cœur de ses descendants et parfois, dans les ruelles de Soller, résonnent encore des mots de français, et d’ailleurs nombreux sont les passants qui visitent la ville le Petit-Futé à la main.

Rédaction PIAF

La Plateforme d’Information et d’Accompagnement des Francophones a pour objectif de devenir, par le biais de son site piafmajorque.es, le nouveau point de rendez-vous en ligne des francophones expatriés sur l’île ou souhaitant s’y installer. Le site contient un Carnet d’Adresses où sont répertoriées les entreprises francophones qui se trouvent à Majorque.

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