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Le village de Pollença à Majorque

À l’extrême Nord-Ouest de l’île et à peine une heure de Palma, se trouve la commune de Pollença. Faisant partie de la comarque de la Serra de Tramuntana, Elle se déploie au pied des monts Puig de Pollença et Calvari.

On retrouve des traces de sa fondation depuis la Préhistoire. Occupée successivement par les romains, les wisigoths et les musulmans, c’est au XIIIº siècle que Jaume Premier en fait la conquête.

 

Une ville qui a su préserver son caractère en dépit d’une grande activité touristique 

Pollença a le charme des petits villages de montagne. Les ruelles et les escaliers s’enchevêtrent pour remonter vers les collines et offrir de magnifiques vues sur les environs.

Il faut se perdre dans ses rues et se laisser surprendre par les nombreux trésors architecturaux qui s’y trouvent.

L’église principale Nostra Senyora dels Angels fondée en 1236 par les Templiers sur les fondations d’un ancien temple gréco-romain, elle appartiendra par la suite à l’ordre des Chevaliers de Malte.

L’église Nostra Senyora del Roser appartenant au Couvent Santo Domingo où repose Joan Mas, un héros local ayant repoussé l’attaque des Maures en 1550.

Le cloître Santo Domingo, un édifice baroque commandé par les dominicains au XVIº siècle, siège de nombreuses manifestations culturelles et du musée municipal qui abrite une collection d’art gothique, d’art contemporain, un mandala bouddhiste, une salle de céramiques et une salle de Préhistoire.

L’escalier de 365 marches, le Calvaire, qui débute au pied de « Carrer Jesús ». Bordé de cyprès il permet d’accéder à l’ermitage du Mont Calvari d’où vous pourrez admirer un splendide panorama entre mer et montagne et le « pont Roma », seul pont ayant survécu à l’occupation romaine.

Une ville culturellement très active

Pollença est reconnue à Majorque comme la ville des artistes et ses nombreuses galeries d’art en sont les témoins. Son marché artisanal du dimanche matin est l’un des plus prisé de l’île et il est très difficile de s’y promener en été tant la foule et la chaleur sont présentes. Mieux vaut s’y rendre tôt !

Depuis 1962, en juillet et en août se célèbre dans le cloître de Santo Domingo, un festival de musique qui jouit d’un rayonnement international. Il réunit des artistes de la scène classique, du jazz, du flamenco et du gospel.

Les fêtes traditionnelles de Pollença sont, parmi celle de l’île, les plus appréciées.

À Pâques, la procession du Vendredi Saint est particulièrement riche en émotion. Dans la soirée, sont allumées des lampes à huile sur les 365 marches du Calvaire et la procession menée par des pénitents cagoulés et coiffés de chapeaux pointus (Nazaros) se met en marche avec la statue du Christ enveloppée d’un linge noir qui est ensuite portée jusqu’à l’église de Nostra Senyora dels Angels, patronne de la ville.

La fête Dieu en juin est également très impressionnante. Deux jeunes filles vêtues de blanc symbolisant des aigles (emblème des Tisserands, qui au Moyen-Âge organisait la procession) sont parées de bijoux par les habitants et dansent devant l’autel.

Mais s’il y a une fête qu’il ne faut pas manquer à Pollença, c’est bien celle de « Moros y Cristianos ». Elle a lieu le 2 août et raconte un épisode historique cher au cœur des Majorquins. Le 2 août 1550, l’amiral turc Dragut débarque sur les côtes majorquines et le cri de Joan Mas « Moros a terra !! » résonne pour donner l’alerte et le départ d’une spectaculaire bataille. Les Pollençins se divisent en 2 camps, les chrétiens en blanc et les maures munis de sabres en bois, et se livrent à une bataille acharnée, sans violence, mais non moins impressionnante tant leur ferveur est grande. Heureusement de nos jours tout se termine par un feu d’artifice et de grandes rasades de Mesclat, un alcool traditionnel majorquin.

Idéalement située entre mer et montagne, Pollença et son port offrent de nombreuses activités de loisir

La majestuosité de la Serra de Tramuntana, patrimoine mondial de l’humanité depuis 2011, est sans aucun doute, la raison majeure de la popularité de cette partie de Majorque.

De nombreuses excursions passent par Pollença dont le fameux GR 221 ou route de la pierre sèche. Il est fortement conseillé d’aller visiter le Monastère de Puig Maria et les ruines du château « Castell del Rei », 500 m au-dessus du niveau de la mer.

Unique port se trouvant à 6 km de la ville, Puerto Pollença est devenu le haut lieu du tourisme balnéaire haut de gamme. Ce lieu de villégiature s’étend le long de la Baie de Pollença déroulant un ruban de sable blanc avec en toile de fond les montagnes.

Le port de plaisance de Pollença constitue un des plus grands ports de Majorque et accueille la marina Royale des îles Baléares (avec celui de Palma de Majorque).

Depuis le Port de Pollença part un sentier menant au « Mirador d’Es Colomer » en passant par le Val de Boquer. Cette randonnée dure près de 2h.

Il existe également de nombreuses randonnées à cheval, sans oublier toutes les activités nautiques proposées dans le port.

Le terrain de golf de Alcanada, à quelques km de Pollença, est l’un des plus convoités de l’île. La disposition du golf est censée refléter les vagues de la mer omniprésente.

Des restaurants et des hôtels de grande qualité

La réputation de Pollença quant à la qualité de ses prestations hôtelières et gastronomiques est largement méritée.

Vous trouverez de nombreux agrotourismes, dans la ville, le port ou plus isolés dans la montagne ou au bord de la mer.

L’hôtellerie de luxe possède un de ses plus beaux fleurons avec Son Brull, une « finca » du XVIIIº siècle située à l’entrée de la ville. Plus modeste mais non moins charmante, la Posada de Lluc, une maison du XVº siècle ou un des plus anciens hôtels de l’île, ouvert en 1912, l’hôtel Miramar sur le port.

En ce qui concerne la gastronomie, tout est possible, du modeste et délicieux Pamboli au repas de gourmet.

 

Les alentours de Pollença à ne pas manquer

Le cap de Formentor, pointe extrême nord de l’île, le cap de Pinar, Alcúdia et son port sont des visites obligatoires.

Dans la ville médiévale d’Alcúdia, vous pourrez visiter, entre autres, l’église de Sant Jaume et un théâtre romain creusé dans la roche.

Bien qu’il ne reste que quelques murs de fondation de la Casa de la Portella, Pollentia demeure le premier site de vestiges romains de Majorque et possède un musée monographique.

Le parc naturel de S´Albufera irrigué par les torrents de Muro et Sant Miquel, est parcouru de marécages et de canaux naturels ou artificiels . La lagune (Albufera) est plantée de roseaux, tandis que les dunes sont recouvertes de pinèdes, de genévriers, de plusieurs sortes d’orchidées et de quelques espèces endémiques. C’est aussi une zone de passage des oiseaux migrateurs en route vers l’Afrique.

Plus retiré dans les terres au cœur de la forêt, le monastère de Lluc vaut lui le détour, de plus, la route qui y conduit depuis Pollença est en parfaite condition et vous plongera au cœur d’un paysage montagneux inattendu.

La côte Nord aux alentours de Pollença offre de nombreuses « Calas » abritées du vent qui souffle souvent : Cala Sant Vicenç, Cala Murta, Cala Formentor (la plus connue), plus loin Sa Calobra aux falaises impressionnantes.

 

En Été comme en hiver, le charme de Pollença et de son port est indéniable et vous n’y résisterez pas !

 

Video de Moros y cristianos :

Video de Cap Formentor :

Crédits :  Spain-info, le petit futé, le guide du routard, portamallorquina.com, viagallica.com, diariodemallorca.es, seemallorca.es

Laurence Griffon

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano et plus récemment travaillé avec le cabinet MG PEP’S, spécialiste en hygiène alimentaire . Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.

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