Visites et Incontournables

Le château de Capdepera à Majorque

Au nord-est de l’île, El Castell de Capdepera recèle la mémoire du passé glorieux de Majorque

IPS Inmo Majorque

Construite au XIVº siècle à la demande du roi Jaume II, fils du conquérant de Majorque Jaume I, cette enceinte fortifiée domine, du haut de sa colline, le village de Capdepera. 

Un emplacement savamment choisi puisque ses 159 m au-dessus du niveau de la mer permettaient de surveiller aisément la côte nord-est et le canal de Minorque à une époque où les attaques des pirates étaient considérables.

Des vestiges qui racontent une histoire passionnante

Majorque est souvent réduite à son image de paradis touristique. Quel dommage ! L’Histoire de cette île, à la position stratégique en Méditerranée, est passionnante. Les visiteurs qui prennent le temps de s’y intéresser entre 2 baignades sur ses plages de rêve, restent subjugués par sa richesse culturelle et architecturale. 

La construction du village et du château de Capdepera a commencé vers 1300. Face aux attaques incessantes venues de la mer, le roi Jaume II a voulu regrouper la population dispersée de la région et édifier une citadelle fortifiée où elle pouvait se réfugier et s’armer pour repousser les envahisseurs.

Malgré la conquête de Majorque, les attaques des pirates musulmans et autres se sont poursuivies jusqu’au XVIIIº siècle. Voilà pourquoi, on retrouve sur toute la côte majorquine des tours de guet et des châteaux comme ceux d’Alaró, Santueri à Santanyi, Bellver et San Carlos à Palma, Del Rei à Pollença ou Punta de n’Amer à Sant Llorenç. 

Ils constituaient des observatoires avancés pour prévenir des incursions ennemies et des places fortes pour protéger les hommes, les animaux et les biens.

Le château de Capdepera, un intérêt historique indéniable

De tous les châteaux de l’île, c’est probablement celui qui renferme le passé historique le plus riche.

Il a été construit sur les restes d’une villa musulmane dont seule subsistait la Tour d’en miguel Nunis du XIº siècle. Celle-ci a été le cadre d’un des évènements les plus importants des Baléares au Moyen-Âge : la signature d’un des plus anciens traités connus à Majorque entre le roi conquérant Jaume I et Abu Abd Allah Muhammad, le calife mulsuman de Minorque. 

L’accord a été obtenu grâce à un habile stratagème : Jaume I fit allumer plus de 300 feux sur la côte nord-est et sur les hauteurs au large de Minorque, afin que les musulmans minorquins, conscients de la conquête de Majorque, pensent qu’une grande armée se préparait à les envahir. 

Ils acceptèrent de la sorte de devenir des vassaux du roi chrétien sans combattre. C’est ainsi que Jaume I fit honneur à la devise du philosophe, militaire et stratège chinois, Sun Tzu : L’art suprême de la guerre est de soumettre l’ennemi sans combattre.

Jusqu’au XVIIº siècle, le château de Capdepera a continué à jouer son rôle de refuge face aux attaques et vols continuels notamment des pirates turcs. Il est ensuite devenu une petite base militaire au XVIIIº siècle avec l’arrivée des Bourbons au pouvoir. 

En 1856, Don Jose Quint Zaforteza y Togores en devient le propriétaire suite à une vente aux enchères, puis en 1983, son arrière petit-fils l’a offert à la ville de Capdepera. 

Depuis lors, le château de Capdepera est géré par une association à but non lucratif et les recettes de sa visite sont destinées à financer la préservation et la conservation du patrimoine culturel de la municipalité de Capdepera.

Le château de Capdepera déclaré Bien d’intérêt général

Il faudra, bien sûr, faire preuve d’imagination en visitant les vestiges du château, il ne reste que très peu de bâtiments en état.

Heureusement, le musée apporte de nombreuses explications et permet de comprendre l’intérêt et l’importance de Capdepera dans la grande histoire de l’île de Majorque.

La construction du château de capdepera suit le modèle de l’architecture militaire et gothique de l’époque sur environ 8.000 m2 entourés d’une muraille. Le périmètre fortifié est triangulaire avec 4 tours carrées.

À l’intérieur, on trouve entre autres le corps cylindrique de la tour de Nunis au sommet de laquelle a été construit un moulin à farine, une citerne datant du XIVº siècle, l’ermitage de la Mare de Déu de l’Esperança, patronne de Capdepera.

La maison du gouverneur abrite actuellement le musée de la Llata, l’art de tresser des feuilles de palmier pour fabriquer des paniers. Cet artisanat a été pendant longtemps le pilier économique de la municipalité de Capdepera.

Sur le site web du castell de Capdepera vous trouverez de nombreuses informations et, avec l’itinéraire de visite, tous les points d’intérêts et leurs explications comme la Torre de Sa Boira, la Torre de ses damas, la Torre d’en Banya, La porte du roi Jaume, le chemin de ronde, etc. sans oublier la zone de fouilles archéologiques qui continue d’être active.

Quand et comment s’y rendre ? 

En hiver il ouvre du 1º novembre au 31 mars de 10h00 à 17h00 et de 10h00 à 19h00 le reste de l’année et ce, tous les jours de la semaine.

Il ne ferme que du 1º janvier au 5 février.

Depuis la pandémie de la Covid-19, il se peut que les horaires et jours d’ouverture aient changé, appelez le 971 563 052.

En voiture depuis Palma, empruntez la Ma-15  en direction de Manacor puis continuez en direction de Artá jusqu’à Capdepera. Comptez plus ou moins 1h15 de trajet.

En bus, rendez vous à la station modal de la plaza de España de Palma et prenez le Train T3 en direction de Manacor (1h00 et 10 arrêts) pus gagnez la plaça de Sa Mora et prenez le TIB 411 pour Cala Rajada, descendez à l’arrêt plaça constitució de Capdepera. 

Autres points d’intérêt aux alentours

  • La foire médiévale de Capdepera a lieu au mois de Mai durant 3 jours. Annulée en 2020, il n’est pas sur qu’elle se déroule normalement en 2021.
  • Les belles calas du nord-est comme Cala Rajada, Cala Mesquida, Cala Torta
  • La punta de Capdepera et la punta Farrutx avec leurs phares respectifs

Et voici une belle excursion entre Arta et l’ermitage de Betlem , 9km de paysages méditerranéens.

La foire médiévale de Capdepera

Crédits textes et photos : perdidoenmallorca.com, castelldecapdepera.com

Laurence Griffon

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.

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