Produits et Traditions

Les majorquins qui font Majorque : Maria Solivellas

Le fabuleux destin de Maria Solivellas, cheffe de Ca na Toneta, le restaurant situé au cœur de la Serra de Tramuntana, à Caimari.

IPS Inmo Majorque

Générosité et authenticité sont 2 composantes parmi tant d’autres de la personnalité et la cuisine de Maria Solivellas. Dans une société qui va de plus en plus vite et qui mise sur la performance et la nouveauté à tout prix, Maria a pris le temps de se construire une vie qui lui ressemble vraiment.

Dans la cuisine de Ca na Toneta, entourée principalement de femmes, dont sa sœur Teresa qui réserve à chaque client un accueil chaleureux, elle a trouvé sa mission de vie : sublimer les produits locaux et de saison et leur redonner leur place dans la cuisine majorquine, c’est-à-dire la principale.

Les femmes de Ca na Toneta

C’est Teresa qui nous reçoit et nous fait visiter la jolie boutique, imaginée comme un concept store, uniquement dédiée aux artisans locaux. Des couteaux, des écharpes en soie, des tabliers et torchons en lin, des sacs en fibre de palmier d’une finesse extrême, des chaussures totalement réalisées à la main mais aussi du vin, des semences anciennes endémiques de Majorque et de l’huile d’olive de production familiale. L’une, Solivellas d’oliveraies entre Alcúdia et Pollença et l’autre, Sol y tierra de Pep Rotger de Caimari.

Vins, couteaux ,tabliers et autres créations majorquines dans le concept store de Ca na Toneta

Une histoire de sororité et de transmission féminine

Nous comprenons vite que ce n’est pas seulement un restaurant que nous allons découvrir, c’est un univers qui tourne autour de la ruralité et du terroir majorquin. Il y a une vraie cohérence dans l’engagement de Maria Solivellas : Travailler avec les agriculteurs, les producteurs et les artisans engagés dans la sauvegarde du patrimoine régional.

Ca na Toneta est une histoire de femmes ! Le restaurant  a vu le jour dans les années 90 aux mains de Teresa et de leur maman. Dans une maison du village de Caimari, elles n’ont d’autre ambition que de créer un lieu de convivialité autour d’un bon repas. 

La boutique, les semences, le restaurant

Quand Maria les rejoint, l’aventure prend un tournant imprévu vers un incontestable succès et la reconnaissance de ses pairs.

C’est par une belle soirée d’automne que nous rencontrons Maria, qui a eu la générosité de nous inviter à déguster son menu gastronomique.

Bonsoir Maria, Quand et comment la cuisine est-elle entrée dans ta vie ?

En 2001, j’ai passé tout l’été dans les cuisines de Ca na Toneta. À l’époque, je ne savais pas faire cuire un œuf ! J’aimais mon travail dans la production musicale mais j’avais besoin d’un break, me reconnecter avec le réel, faire quelque chose de mes mains. Je n’ai pratiquement pas vu le soleil durant cet été là.

Je m’apprêtais en septembre 2001 à partir pour un nouveau job à New York quand l’attaque des tours jumelles a eu lieu. Un vrai déclic. Je suis restée et ma nouvelle vie a commencé.

Rien n’est laissé au hasard, l’une des salles du restaurant au décor chaleureux

Comment définirais-tu ta cuisine ?

Je suis autodidacte, j’ai donc appris petit à petit. Ce dont, j’ai toujours été sûre, était que je ne voulais pas faire de la cuisine fusion, à son apogée au début des années 2000. Pourquoi aller chercher des produits ailleurs quand Ma terre m’en offrait de si merveilleux ? 

Mon credo est simple : uniquement des produits locaux et de saison ! Je me définis comme une talibane de la cuisine locale !

Avec quelques producteurs, nous avons remis au goût du jour certaines graines et céréales oubliées comme la farine de Xeixa par exemple. j’ai également créé mon propre potager.

Le savoir ancestral doit continuer à se transmettre à travers une nouvelle énergie. Avec le boom touristique, une grande partie de la population féminine est partie travailler dans les hôtels et a délaissé les fourneaux, les hommes ont abandonné les champs. Le  patrimoine gastronomique en a souffert…

J’ai énormément de considération pour les femmes des générations antérieures que j’appelle les gardiennes des semences. Je reprends leur flambeau en quelque sorte !

Tout commence par una coca de farine de Xeixa aux champignons

 En quoi Majorque est-elle un lieu spécial pour les cuisiniers ?

Pour moi, c’est une évidence, je me sens, en tant que cuisinière, une interprète du territoire où j’habite et où je suis née. J’y trouve pratiquement tous les produits dont j’ai besoin pour cuisiner chaque jour, j’y trouve tous les acteurs d’un renouveau de la culture et de l’agriculture, j’y trouve mon équilibre et un sentiment d’être utile.

Caimari, au cœur de la Serra de Tramuntana est l’endroit où je me sens le mieux, à ma place.

Puerro y salsa de almendras y hierbas et Escalivada, yema de huevo y trufa de la Serra de Tramuntana

Quels sont tes projets ?

J’aimerais créer un lien entre les différentes îles méditerranéennes afin de sauvegarder et réhabiliter les savoirs ancestraux et les produits locaux. Créer une sorte de sororité des îles.

Avec le covid, tout s’est ralenti, mais j’y travaille avec d’autres partenaires.

Que fais-tu quand tu ne cuisines pas ?

Beaucoup de choses ! Je prends soin de mon potager, je fais de la céramique et je continue à voyager, une de mes passions. Il est important de se ressourcer et de se nourrir à travers les voyages.

Simplicité et élégance de Ca na Toneta

Où emmènerais-tu un ami qui ne connaît pas Majorque ?

Vaste question ! Tout est beau à Majorque. Peut-être aller déjeuner dans un village du Pla comme Sa Pobla et admirer un coucher de soleil à Banyalbufar. J’ai malgré tout une préférence pour la Serra de Tramuntana.

 

À travers cette entrevue, une évidence s’impose: Maria Solivellas possède une lumière intérieure puissante qui irradie à l’extérieur avec simplicité et élégance, à l’image de sa cuisine.

Pas étonnant qu’elle soit une des figures les plus emblématiques de la nouvelle cuisine majorquine !

Ca na Toneta

Carrer de s’Horitzó, 21, 07314 Caimari

Crédits photos : Ca na Toneta, Joana Leal, Anouk Massuti, Laurence Griffon

Cuisinez avec Maria !

Préparer la coca à la manière de Maria !

Laurence Griffon

Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.

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