
Créer une entreprise à Majorque, c’est bien plus qu’un simple changement de décor sous le soleil et face à la mer ! Pour beaucoup de francophones, c’est aussi l’occasion de transformer une idée en projet professionnel.
L’île attire de nombreux indépendants et entrepreneurs qui souhaitent profiter d’un marché dynamique, mêlant tourisme, services et nouvelles technologies.
Pourtant, s’expatrier à Majorque ne s’improvise pas. La réussite dépend de la préparation, de la compréhension des statuts juridiques locaux, des démarches administratives, des obligations fiscales et sociales, mais aussi de l’intégration dans les réseaux professionnels locaux.
L’Espagne a un système spécifique qui diffère de celui de la France. Un expatrié peut se sentir perdu face aux formalités, aux impôts, à la TVA IVA en Espagne, aux cotisations sociales et à la gestion comptable.
Mais en suivant les étapes avec méthode, et en s’appuyant sur des outils adaptés et l’accompagnement de professionnels et de réseaux locaux, il est possible de lancer son activité dans de bonnes conditions. Cet article vous guide pas à pas, en détaillant les options, les coûts et les délais.

Le choix du statut juridique conditionne la fiscalité, la responsabilité personnelle, la crédibilité et la manière dont vous pourrez développer votre activité. À Majorque, deux options dominent : l’autónomo et la SL, société limitée.
L’autónomo en Espagne est l’équivalent du freelance ou travailleur indépendant. C’est le statut le plus courant, notamment pour ceux qui veulent démarrer rapidement. Il est particulièrement adapté aux consultants, aux artisans, aux créateurs de contenu en ligne, aux commerçants de petite taille et aux professionnels dédiés aux services.
Les démarches sont relativement simples : déclaration d’activité à l’Agence Tributaria et inscription à la Sécurité sociale. Les factures doivent inclure la TVA IVA en Espagne, que l’on reverse ensuite au fisc, avec des déclarations trimestrielles ou mensuelles.
Prenons l’exemple de Claire, expatriée française qui propose des cours de yoga à Palma. Elle a choisi le statut d’autónomo en Espagne car il permet de démarrer rapidement son activité sans engager trop de dépenses. Ses frais principaux sont la cotisation mensuelle à la Sécurité Sociale, mais elle garde une grande souplesse pour ajuster ses prestations.
Les avantages sont la rapidité, la simplicité et la flexibilité. Les inconvénients sont la responsabilité illimitée et le poids des cotisations, qui restent dues même si l’activité génère peu ou pas de revenus.
La SL en Espagne (Société Limitée) est proche de la SARL française. Elle est recommandée pour des projets impliquant plusieurs associés, nécessitant des investissements plus importants ou visant une croissance à long terme.
Le capital social minimum est de 3 000 €. Ce montant doit être déposé sur un compte bancaire avant l’enregistrement au Registro Mercantil. Il existe aussi une SL simplifiée avec capital minimum 1 €, même si elle reste peu utilisée par les expats.
Créer une SL en Espagne implique la rédaction de statuts, la nomination d’un gérant, l’obtention d’un CIF (numéro d’identification fiscal) et l’ouverture d’une comptabilité complète. Les obligations fiscales sont plus strictes, mais ce statut permet de protéger le patrimoine personnel des associés.
Prenons l’exemple d’un couple de restaurateurs français installé à Alcúdia qui a choisi une SL en Espagne pour lancer leur établissement. Ils ont apprécié la crédibilité supplémentaire que cela apporte vis-à-vis des banques et fournisseurs. En revanche, ils ont dû engager un gestor pour gérer la comptabilité et la fiscalité.
La SL en Espagne est donc plus lourde à gérer, mais adaptée aux projets structurés et ambitieux.

Des alternatives existent, comme les communautés de biens, les coopératives ou les SA (sociétés anonymes). Cependant, elles sont peu utilisées par les expatriés, car plus complexes ou moins adaptées à des petites structures.
Dans la majorité des cas, le choix des expatriés se fait entre autónomo en Espagne et SL en Espagne.
Pour créer une entreprise à Majorque, il faut respecter des étapes incontournables.
Tout expatrié doit obtenir un NIE (Número de Identificación de Extranjero). Ce numéro est obligatoire pour presque toutes les démarches : ouverture d’un compte bancaire, signature de contrats, inscription à la Sécurité sociale et enregistrement de l’activité. Sans NIE, impossible de lancer son entreprise.
La fiscalité espagnole repose largement sur la TVA /IVA . Elle s’applique à la majorité des biens et services. Le taux standard de la TVA IVA en Espagne est de 21 %, mais des taux réduits de 10 % et 4 % existent. Les indépendants et sociétés doivent facturer cette taxe, la collecter et la reverser au fisc.
Prenons l’exemple d’un consultant IT travaillant pour des clients en Allemagne. Il devra vérifier les règles de TVA IVA intracommunautaire, déclarer ses opérations correctement et respecter les échéances. Une erreur peut entraîner des pénalités lourdes.(voir FAQ)
Informez-vous également sur le système OSS (One Stop Shop) qui simplifie la déclaration de TVA / IVA dans l’Union européenne. Il concerne l’e-commerce et les services numériques vendus entre pays de l’UE. Grâce à l’OSS, vous déclarez la TVA / IVA due dans un seul pays membre. L’administration fiscale du pays choisi redistribue ensuite la TVA / IVA aux autres États membres. Ce dispositif réduit la complexité administrative.
Depuis la réforme, l’autónomo cotise en fonction de ses revenus nets réels (15 tranches). En 2025, la cuota mensuelle va d’environ 200 € à 590 €, selon le palier déclaré. L’objectif est d’ajuster la cotisation aux revenus et aux droits futurs (retraite, prestations).
Dans une SL, vous êtes considéré comme un associé-gérant et dépendez le plus souvent du RETA et devez cotiser, même si la rémunération est faible ; la situation exacte dépend du rôle effectif, du pourcentage de parts et de la rémunération. Un gestor vous aidera à optimiser cette part de cotisation.

Un autónomo en Espagne a une comptabilité simplifiée, mais doit conserver factures et justificatifs. Les déclarations fiscales sont trimestrielles avec une déclaration d'impôts annuelle.
La SL en Espagne est soumise à une comptabilité complète, avec dépôt annuel des comptes et bilans. Cette rigueur apporte transparence, mais nécessite presque toujours un gestor ou un comptable.
La différence majeure entre un autónomo et une SL concerne la façon de déclarer et payer l’impôt sur le revenu auprès d’Hacienda (Hôtel des impôts).
Un autónomo en Espagne paie l’IRPF, l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Les bénéfices de l’activité se déclarent directement sous son nom, comme pour un salarié.
Il doit effectuer des paiements trimestriels, calculés sur ses bénéfices. En fin d’année, une déclaration globale permet de régulariser la situation fiscale.
Une SL en Espagne n’est pas imposée à travers l’IRPF. Elle est soumise à l’impôt sur les sociétés, appelé Impuesto sobre Sociedades.
Dans ce cas, c’est la société, et non l’entrepreneur, qui déclare et paie. Les bénéfices sont d’abord imposés au niveau de la personne morale. Comme pour l’autónomo, il existe des paiements trimestriels obligatoires. Une déclaration annuelle récapitule les résultats et fixe le montant définitif à payer.
Cette distinction a un impact concret. L’autónomo en Espagne voit ses bénéfices directement intégrés dans son revenu personnel. La SL sépare le patrimoine de la société et de l’associé. Le choix entre autónomo et SL en Espagne dépend donc non seulement des charges sociales et des obligations comptables, mais aussi du régime d’imposition des bénéfices.

Le gestor est un professionnel indispensable pour beaucoup d’expatriés. En Espagne, il joue un rôle central dans la gestion administrative et fiscale.
Le gestor s’occupe de toutes les démarches : immatriculation, comptabilité, déclarations de TVA IVA en Espagne, cotisations sociales, bilans annuels, relations avec l’administration. Pour un expatrié peu familier du système espagnol, c’est un gain de temps et une sécurité.
Il peut aussi conseiller sur le choix du statut, optimiser la fiscalité et prévenir les erreurs. Beaucoup d’entrepreneurs considèrent le coût d’un gestor comme un investissement plutôt qu’une dépense.
Un autónomo en Espagne avec une activité simple et peu de factures peut gérer seul ses déclarations. Cela demande rigueur et maîtrise du vocabulaire fiscal, mais reste faisable. Certains utilisent des logiciels de facturation adaptés au marché espagnol. Par contre un autónomo gagne à se faire accompagner dès qu’il y a TVA intra-UE ou beaucoup de factures.
En revanche, pour une SL en Espagne, travailler sans gestor est risqué. La complexité de la comptabilité et la fréquence des obligations rendent l’accompagnement quasiment indispensable.
Devenir autónomo est la voie la plus rapide. L’immatriculation prend en général 2 à 4 semaines. il faut ensuite prendre en compte la disponibilité des rendez-vous bancaires et notariaux. Le coût principal reste la cotisation mensuelle à la Sécurité sociale. Les dépenses supplémentaires dépendent de chaque activité : site web, assurance, communication, matériel et gestor.
Les documents nécessaires sont simples : carte d’identité ou passeport, NIE et justificatif de domicile suffisent pour démarrer comme indépendant.
Créer une société limitée prend plus de temps. Comptez entre 4 et 8 semaines, selon la disponibilité du notaire, de la banque et du registre. Le coût initial est plus important. Un capital social de 3000€ minimum est obligatoire, avec des frais de notaire et d’enregistrement.
La gestion comptable est aussi plus lourde. Les honoraires mensuels d’un gestor varient selon la complexité du suivi demandé. Les frais annexes restent similaires à ceux d’un autónomo : assurance, site internet, communication et matériel.
Les documents à présenter sont plus nombreux. Outre le NIE et le justificatif de domicile, la SL exige des statuts et une attestation bancaire.
S’expatrier et créer une entreprise à Majorque ne signifie pas rester isolé. L’intégration dans les réseaux locaux est une clé de réussite.
Les espaces de coworking à Palma et dans les principales villes offrent non seulement des bureaux mais aussi des opportunités de rencontre. Certains proposent des événements réguliers, des ateliers et des conférences pour les entrepreneurs.

Des associations francophones organisent des rencontres et des activités pour faciliter les échanges entre expatriés, partager des expériences et créer des collaborations.
Les chambres de commerce locales, notamment la Cámara de Comercio de Mallorca, accompagnent les expatriés avec des formations, des conseils pratiques et des informations sur les démarches administratives et fiscales.
Certains incubateurs et pépinières d’entreprises, comme Factoría de Innovación de Palma, permettent aux start-up de se développer et de bénéficier de mentorat et de conseils professionnels.
S’intégrer dans ces réseaux accélère l’adaptation, facilite le lancement d’une activité et aide à mieux comprendre le marché local.
Rejoindre un club d’entrepreneurs à Majorque est une stratégie gagnante. Ces clubs proposent mentorat, ateliers pratiques, rencontres mensuelles et événements de networking. ils permettent d’élargir son réseau et gagner en visibilité.
Ces clubs offrent aussi également un soutien moral. Être expatrié entrepreneur peut être solitaire, mais partager ses expériences avec d’autres réduit l’isolement. Les échanges sur la TVA IVA en Espagne, les difficultés administratives ou les conseils de gestion sont très utiles.
Le CEP – Club des Entrepreneurs de la Piaf réunit des entrepreneurs francophones et espagnols à Majorque. Il organise des rencontres régulières pour partager expériences et bonnes pratiques. Adhérer au CEP facilite le réseautage, la visibilité et l’intégration dans le tissu économique local.


Créer une entreprise à Majorque est une aventure passionnante mais exigeante. Le choix du statut, la compréhension de la TVA IVA en Espagne, la gestion des obligations fiscales et sociales, l’accompagnement d’un gestor et l’intégration dans les réseaux locaux sont les clés du succès.
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Obtenir un NIE, déclarer l’activité à l’Agence Tributaria, s’inscrire à la Sécurité sociale et commencer à facturer avec la TVA IVA en Espagne. Le processus prend environ 2 à 4 semaines.
Le capital minimum est de 3 000 €, à déposer sur un compte bancaire avant l’enregistrement. Ce montant protège vos partenaires et crédibilise votre projet.
L’autónomo en Espagne doit facturer la TVA IVA Espagne, collecter et reverser la taxe. Les déclarations sont trimestrielles, sauf pour les volumes élevés où elles deviennent mensuelles.
2 à 4 semaines pour un autónomo en Espagne, 4 à 8 semaines pour une SL en Espagne. Prévoir des marges pour les démarches bancaires et notariales.
Ce n’est pas obligatoire pour un autónomo en Espagne, mais fortement recommandé. Pour une SL en Espagne, c’est quasi indispensable pour gérer la comptabilité.
Cotisations sociales, honoraires de gestor, impôts, assurances, frais bancaires et dépenses liées à l’activité. Une bonne trésorerie initiale est nécessaire.
Le numéro d’identification intracommunautaire, ou numéro VAT/IVA intracommunautaire, est attribué aux entreprises qui effectuent des transactions commerciales au sein de l’Union européenne. Il permet d’identifier votre entreprise pour la TVA et de facturer vos clients dans d’autres pays de l’UE sans appliquer la TVA locale, dans le respect des règles européennes.
Ce numéro est essentiel pour simplifier les échanges, éviter la double taxation et sécuriser vos opérations commerciales avec des partenaires européens.
Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.