
Perché sur une butte à 510 mètres au dessus de la plaine de Palma, le Sanctuaire de Sant Salvador, un des plus hauts lieux de pèlerinage de Majorque, offre un panorama incroyable.
Situé au sommet du Puig de Sant Salvador, point culminant de la Serra de Llevant, le Sanctuaire de Sant Salvador (Santuari de Mare de Deu de Sant Salvador) est à 6,5 km au sud-est de la ville de Felanitx, sur la route de Porto Colom.
La route sinueuse qui y mène offre de nombreux points de vue, tous plus impressionnants les uns que les autres. Au nord, vous pourrez contempler les baies de Pollença et Alcúdia, jusqu’au Cap de Formentor. À l’est se dessine la côte de Porto Colom.
Au sud, la plaine du Migjorn s’offre à vous et, par temps clair, vous pourrez même admirer l’île de Cabrera. À l’ouest, s’étend la plaine de Palma, tandis qu’au nord-ouest, se profile la Serra de Tramuntana.
La route, construite entre 1923 et 1927, passe également devant plusieurs monuments : une petite chapelle d’abord, une grande croix, La Creu del Picot, ensuite, le monument du Christ au Roi enfin. Les nombreux lacets qui la ponctuent font le bonheur des cyclistes.
Votre destination finale, le sanctuaire de Sant Salvador, a l’étonnant aspect d’une forteresse. Il abrite une église, un ancien monastère et une hostellerie, autrefois dédiée aux pèlerins. Il conserve en son sein 2 trésors culturels : un retable gothique de la Possession de l’Effigie du Sauveur et une effigie de la Vierge.

Le sanctuaire de Sant Salvador fut fondé en 1342. Pedro III, roi d’Aragon, alors propriétaire des terres, autorisa la ville de Felanitx à construire une chapelle dédiée au culte de la Passion de l’Image du Sauveur (Passio Imaginis Salvatoris).
L’enjeu était de placer la population de la ville sous la protection du Sauveur, suite à une terrible épidémie de peste noire qui décima la moitié de la population de Felanitx. La Chapelle fut achevée en 1348.
À partir du milieu du XVIème siècle, apparut une église au sommet du Puig. Il est difficile de dire s’il s’agit d’une extension de la chapelle ou d’une reconstruction totale. Elle comportait alors 2 chapelles, l’une dédiée à la Passion de l’image du Sauveur, l’autre à la Vierge.
Au XVIIIème siècle, l’affluence des pèlerins engendra la construction d’une nouvelle église, celle que nous pouvons, aujourd’hui visiter. Elle fut consacrée en 1715.
Le culte de la Passion de l’Effigie du Christ est apparu dans les églises occidentales à partir du XIème siècle. Il est né d’une légende relative à une icône de la ville de Beyrouth (Berit), alors en Syrie.
L’icône du Sauveur, après avoir subi les moqueries et la cruauté des non-chrétiens, aurait versé son sang et sa sueur, réalisant ainsi de nombreux miracles en l’an 765. Ce miracle est célébré dans la Martyrologie Romaine le 9 novembre et son culte s’étendit à toutes les cathédrales de Catalogne.
Entre 1824 et 1851, une communauté d’ermites y vécut. En 1885, la ville de Felanitx, alors propriétaire, cède le sanctuaire et la montagne à un ancien évêque de Porto Rico, qui en fit don au diocèse de Majorque.
De 1891 à 1992, la Congrégation des Ermites de Saint Paul et Saint Antoine se vit confier le sanctuaire. L’église reçut les honneurs du couronnement pontifical en 1934. Depuis 1992, ce sont des Frères et des Sœurs laïcs qui s’en occupent.

Dans la Chapelle de la Passion de l’Effigie du Christ, qui se situe sur la droite de l’église, se trouve le seul retable gothique de Majorque. Œuvre du sculpteur majorquin Huget Barxa, il est notamment sculpté en pierres de Santanyi et représente un groupe de personnes, dont l’une transperce le flanc du crucifix.
Au sommet du Puig, à quelques dizaines de mètres du sanctuaire, trône le phénoménal Monument au Christ Roi (Monument a Crist Rei). Haut de 37 mètres, il porte une statue du Christ en cuivre de 7 mètres, qui tend la main en signe de bénédiction.
Enfin, la Creu del Picot (La Croix du Pic) est une croix monumentale en pierre artificielle. Du haut de ses 14 mètres, elle domine sur le sommet secondaire du Puig de San Salvador, le Pic, à 477 mètres.
Quelques festivités enfin : le dimanche le plus proche du 8 septembre a lieu la fête anniversaire du couronnement pontifical ; et le premier dimanche après Pâques est célébré el diumenge del Angel ( dimanche de l’Ange). Autant d'occasions de voir une messe célébrée.
Pour se rendre au sanctuaire de Sant Salvador à Majorque, plusieurs options de transport sont disponibles :
La voiture est l'option la plus flexible.Le sanctuaire est accessible par la route depuis différentes parties de l'île. Les routes sont généralement bien entretenues et offrent de beaux paysages. Depuis Palma vous avez deux options d'une soixantaine de kilomètres chacune : Palma-Lluchmayor-Campos- Felanitx ou Palma-Algaida-Porreres-Felanitx.
Il existe une ligne de bus régulière, la 501, qui dessert Felanitx depuis Palma. Vous pouvez vérifier les horaires et les itinéraires auprès du TIB. Par contre, il vous faudra prendre un taxi pour vous rendre au sanctuaire, ou vos jambes, au choix !
Pour les plus aventureux et sportifs, le vélo peut être une option. Majorque est réputée pour ses belles routes côtières et intérieures, mais assurez-vous de vérifier les distances et les dénivelés avant de vous lancer. La montée n'est pas faite pour les débutants !
Bonne découverte de ce site incroyable dans le migjorn de Majorque !
Sources: vacances.majorque.blogspot.com; viagallica.com, istockfoto.com
Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.