
Jusqu’au milieu du XIXèmesiècle, les quartiers d’El Molinar et Portixol étaient inhabités. Seul y avait été construit, courant XVIIIème l’Ermitage de Son Onofre. L’émergence de la zone est directement liée à l’exploitation de moulins à farine, dont El Molinar tire son étymologie, et de l’implantation de nombreux pêcheurs.

Fin XIXème début XXème, le quartier est animé par les pêcheurs et par plusieurs grosses fermes, comme celles de Can Pere Antoniou de Davall Terra.

Dans les années 60-70, la population y a largement augmenté, dû notamment à l’arrivée massive d’ouvriers, venus essentiellement du sud de l’Espagne. Aux maisons typiques des pêcheurs, en première ligne de mer, se sont alors juxtaposés de nombreux logements collectifs.
Portixol et El Molinar sont alors des quartiers très populaires. Ce n’est que depuis une vingtaine d’années à peine que le lieu suscite un véritable engouement, métamorphosant son architecture.
Prisé par les touristes de toute nationalité, mais principalement les allemands et les suédois, le secteur change progressivement de visage. La situation géographique idéale explique à elle seule cet enthousiasme : à seulement 4 km du centre historique de Palma, non loin de l’aéroport, le site jouit d’une exposition unique face à la plage.

Ainsi les maisons de pêcheurs du front de mer ont-elles été restaurées, et de nouvelles constructions plus modernes s’y sont adjointes, faisant, aujourd’hui de Portixol et El Molinar, de véritables lieux de villégiature haut de gamme.
On aime se promener le long de la mer, où un agréable sentier a été aménagé. Il est commun d’y croiser des sportifs en tout genre : cyclistes, rollers, planchistes, runners … Mais il est aussi agréable de s’arrêter y boire un verre ou encore profiter des nombreux restaurants où la gastronomie est mise à l’honneur.

Parmi les innombrables restaurants qui longent le front de mer, il faut citer Le ProSecCo Portixol, un restaurant petit par la taille mais grand par la qualité des mets proposés et par la chaleur de l’accueil.
Une autre adresse incontournable est le Portixol : la cuisine raffinée et le décor pointu ne pourront vous laisser insensibles.
Pour boire un cocktail, partager des tapas ou déguster une bonne pizza, rien de mieux que le Cocco Portixol. Le restaurant Periplo à l'angle du Paseo del Molinar offre une cuisine raffinée à partager ; quant à Sa Roqueta, c'est une institution depuis des décennies à Majorque, à ne pas manquer pour les amateurs de poissons et fruits de mer. Pour boire un verre dans un cadre moderne et chaleureux, l'Izizi Nunnak est incontournable.
Quand en 2017, le Diaro de Mallorca annonçait des spéculations de vente sur l’illustre magasin de meubles « Muebles Casas » pour le remplacer par 12 villas de luxe avec piscine, la polémique a fait rage. Son propriétaire, depuis 1961, a largement contribué à la vie populaire du quartier et a même, durant 15 ans, organisé une traversée à la nage de la Torre d’en Pau et el Molinar, réunissant chaque année pas moins de 600 nageurs.

Les habitants historiques du quartier s’insurgent contre la montée des prix et la transformation de leur environnement. En vain ; la fièvre immobilière dévore peu à peu le patrimoine de Majorque. Actuellement seuls 2 édifices datant de 1934 et 1940 du quartier de Portixol et el Molinar ont été inclus dans les biens à protéger. Toutes les autres maisons sont à disposition des spéculateurs.
Il semblerait qu'il faille se résigner à ce que le charme de Portixol et El Molinar disparaisse, avec ses modestes maisons jusqu'à récemment, au profit de nouvelles constructions impersonnelles avec piscine attenante.

Fin mars 2019, le Port d'El Molinar a été intégralement vidé de tous ses bateaux pour une rénovation du port et de l’urbanisation : modernisation du front de mer, nouvelle école de voile et réhabilitation du siège du club nautique.
Même si Portixol et el Molinar ont perdu en modestie, ils restent des quartiers où il fait bon faire une pause maritime à quelques kilomètres de l'effervescence palmesane.
Sources : diarodemallorca.es, wikipedia, abc-mallorca.com
Arrivée à Palma en 1986 pour un court séjour, j’ai rapidement réalisé que j’avais enfin trouvé l’endroit idéal. Omniprésence de la mer, douceur de vivre et une petite librairie franco-anglaise, Book-Inn, où durant dix ans j’ai pu partager ma passion pour la lecture avec les nombreux majorquins férus de culture française. Titulaire d’un diplôme d’état de psychomotricienne, j’ai collaboré en tant que bénévole avec le centre ASPACE, parcouru l’île pendant 3 ans pour une agence de location saisonnière, donné des cours de français à l’Instituto Lluliano. Comme André Brink, je pense qu’il n’existe que deux espèces de folie contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire et l’autre est celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire.